•   ______________________________________ 
    LA NACION

    Buenos Aires, Argentine < Publié le 4 mai 2011. Par Alejandro CRUZ

    Cuando un sueño copa la carpa
    Los belgas de Sway y la francesa de El viento del Fohen, los montajes más logrados hasta ahora
     

    Hasta el momento, y en lo que hace a los elencos llegados de otros países, la tercera edición del Festival Internacional de Circo de Buenos Aires alcanzó su techo y su piso. ¿Por dónde empezar? Vamos por las buenas.

     De Bélgica, el viernes y el sábado se presentó Sway , por el grupo Les Mains Sales. Según el programa de mano, el colectivo surgió con el deseo de salir de la estructura convencional de la acrobacia. A juzgar por el trabajo que se presentó aquí, van por un muy buen camino que está dando frutos cautivantes. A un living retro llegan tres personajes (dos hombres y una mujer). La tensión -sea por amor o por algo cercano al desamor-está puesta en la mujer que, a los pocos minutos, se convierte en el objeto del deseo de un hombre un tanto tosco y de otro que la juega de antihéroe. El vínculo entre ellos incluye el humor, momentos musicales muy efectivos, y hasta situaciones de una lograda y desconcertante carga sensual. Como yapa, porque esto es circo, números aéreos que se convierten en puntos de fuga y de anclaje para dsparar, sintetizar o cerrar situaciones dramáticas centradas en lo teatral.

    De este modo, Lola Renard, Serge Lazar y Yannick Dupont dan vida a una propuesta que, junto a La tarde del Fohen , se han convertido en los saltos más arriesgados y logrados en lo que va de este festival que termina el lunes. La tarde... es la última creación de Phia Ménard (o Philippe, como quiera usted, ya que esta artista trans se presentó en el programa de mano como hombre). Es la misma artista que hace dos años maravilló con P.P.P. y es la misma que, hasta anteanoche, hizo que un simple sueño tomara vida ante unas 100 personas.

    El recurso de Phia, digamos, es simple (de ahí también su enialidad). Pone cinco ventiladores de piso alrededor de un círculo. A la vista, toma una simple bolsa de supermercado, una tijera y una cinta adhesiva. Con esos tres elementos, arma un muñeco (como los que se ven en la foto). Producto del viento, el viento ese del Fohen, comienza a volar. Y se suma uno, dos, tres, catorce tipitos que bailan, se pelean, se persiguen, se liberan a la vista de todos como si fueran las ánimas de la Carpa Garay.

    Con estos mínimos materiales, el mundo onírico propuesto por esta gran creadora francesa logra hipnotizar tanto a adultos como a niños. "Todo es sueño", dice cuando se refiere a este montaje que presentó como un trabajo en proceso. La única objeción posible es que no haya durado más. ¿El resto? Pura sensibilidad sostenida también por contundentes hilos sonoros que potencian una coreografía azarosa producto de un viento que ella llama Fohen, pero que, en realidad, puede adquirir las formas que uno desee. Si en el trabajo anterior manipulaba hielo, quizá cabe pensar que el objeto que Phia Ménard manipula durante estos casi 40 minutos es nuestra imaginación. Y, hay que confesar, hace maravillas con ella.
    (…)

     ______________________________________  
    PANORAMA CONTEMPORAIN DES ARTS DU CIRQUE

    Pierre Hivernat et Véronique Klein - Editions Textuel, 612 pages, 2010

    Les MAINS SALES

    Les Mains Sales, jeune compagnie belge créée en 2007 et qui n'a à son répertoire qu'un seul spectacle, peut néanmmoins accrocher à sa boutonnière un certain nombre de médailles. D'abord celle de l'invention d'un nouvel agrès, ce qui n'est pas si fréquent. La chose se présente au premier abord comme une piste de skate assez pentue et positionnée sous un cadre de voltige. Le début du spectacle Sway (chanceler, mais aussi emprise), qui installe les personnages et leurs rapports de force, ne permet pas de découvrir immédiatement que cet agrès est d'une rare violence, puisqu'il permet au porteur, en plein milieu d'une figure, de tout simplement balancer la voltigeuse, laquelle s'étale comme une crêpe sur ce toboggan lisse, blanc, sans accroche.
    La deuxième récompense couronne la musique, création originale du compositieur et interprète Yannick Dupont qui a beaucoup écouté Ennio Morricone et les musiques de films des années 1970 en général. Sa guitare minimaliste, sa boîte à rythmes des années 1980 et son talent de compositeur font également de Sway un concert de grande qualité.
    Enfin, une fois n'est pas coutume, Sway est également l'occasion de voir la plus grande scène d'amour du cirque contemporain, orgasme compris.
    Deux hommes et une femme débarquent dans un décor un peu vieillot et installent des rapports de domination immédiats. Elle tente de mettre un disque, se le fait dégommer sans ménagement, M. Dupont devant faire des tests pour son micro et sa guitare. L'autre homme, grand et fort, se pose en mâle dominant qui va s'imposer ; Yannick Dupont est un gringalet destiné à servir de faire-valoir... La messe est dite. Et pourtant, les jeux d'attirance-répulsion des trois personnages ne vont cesser de faire bouger les frontières de l'amour, de l'amitié, des complicités et des détestations successives. L'agrès central, avec sa plate-forme aménagée avec plante artificielle poussiéreuse, découpe sèchement les sentiments en tranches. La pente de la rampe permet la chute libre mais elle doit aussi être systématiquement remontée pour l'amoureuse qui veut atteindre les mains de son porteur. Celui-ci, tout aussi fort qu'il soit, chute également, la remontée doit donc se faire à deux, ensemble, l'un dans l'autre, l'un sur l'autre, jusqu'à épuisement...
    Les Mains Sales est une compagnie jouissive.*

     ______________________________________  
    LE COURRIER DE L’ESCAUT

    Tournai, Belgique < Publié le 17 décembre 2009. Par Françoise LISON
     

    Sway, cirque en embuscade

    Voilà un spectacle qui aurait pu trouver sa place dans le récent festival Next, parce qu’il bouscule les conventions des arts vivants.  Trois comédiens investissent la géométrie des agrès. Sur scène, l’espace de jeu fait la part belle à une rampe très lisse, très blanche. Un cadre sert de mirador au territoire convoité. Un lieu perché et un autre, usuel, accueillent les questions d’une femme et de ses partenaires. L’un est musicien, l’autre acrobate. Que feront-ils de leur trio ?

    Comme Tantale. Elle attends son heure, il arrive en retard. Ces deux-là prennent la mesure de la rivalité jalouse. L’intrus qui passe dans la zone semble déjouer les codes, user de certitudes et de pouvoir. D’une manœuvre à une injonction, il bouleverse l’accord fragile, la ligne droite. Bris de voix et d’amour : trois, cela fait deux plus un. La voltigeuse n’a pas les coudées franches. Elle doute, elle a hissé trop haut le défi et la voile. Cruauté des lois et des songes : un cœur bat, heurté par une partition. Le cirque sert-il à raconter une histoire ? « Dans notre histoire, il y a du cirque », affirment les comédiens. « L’obstacle amène l’accident, une relation de dépendance s’installe entre les personnes. Ces gens qui font de la voltige vivent autre chose aussi, des relations quotidiennes, banales et puissantes à la fois. On n’est pas dans un univers poétique. On se retrouve plutôt côté cinéma. Il y a le chef, la femme du chef et celui qui aimerait être le chef… ».

    L’univers théâtral se nourrit de situations qui tutoient le conflit, la tendresse, le désir. Une page foireuse succède à un instant solaire. Trois solitudes affrontent l’architecture du tissu relationnel, en même temps qu’une structure qui favorise la perte, la chute. Tomber amoureux, tomber des nues, tomber en arrêt, tomber juste… La violence des sentiments conjugue au pluriel danse et acrobatie, voix et mensonge. Sans cesse, la logique dévie d’une trajectoire attendue, laissant les témoins décontenancés. Corps à corps, main à main, aimantation et rejet : les personnages vivent en direct un parcours de suppliciés, trouvant néanmoins refuge au cœur d’un art choisi.

    > « Sway », ce jeudi 20h, Maison de la Culture. 069 2530 80.

     ______________________________________  
    THE GAZETTE

    Montréal, Quebec < Publié le 23 juillet 2010. Par Kathryn GREENAWAY

    Messy and odd, yes - but audience loved Sway, anyway

    Belgian circus-theatre troupe Les Mains Sales is in town for the Montréal Complètement Cirque festival and opened Wednesday at Usine C for a four-night run with an uneven alternative circus-theatre piece that had you chuckling one moment and cringing the next.

    We know fringe theatre. We're familiar with fringe dance. And now we can add fringe circus to the mix. Belgian circus-theatre troupe Les Mains Sales is in town for the Montreal ompletement Cirque festival and opened Wednesday at Usine C for a four-night run with an uneven alternative circus-theatre piece that had you chuckling one moment and cringing the next.The international circus festival ends Sunday. The show is called Sway and, yes, it is inspired by the Dean Martin croon tune of the same name. The title is also a nod to the trapeze skills demonstrated during the piece. Serge Lazar is the catcher, and Colline Caen is the trapezist. Caen is also the object of desire for both Lazar and musician and clown Yannick Dupont. Caen and Lazar swing from an aerial frame they most often access by scaling a giant in-line-skates ramp. The ramp also stands as a metaphor for the ups, downs and frustrations in this trio's story. Sway tells a quirky tale about a trio of cartoonish characters mired in dysfunctional love. Dupont is the timid doofus who plays a competent guitar lick now and again, but most often is seen gazing with hopeless desire at Caen from afar. (The highlight of the night for this critic was his painfully awkward dance routine executed to a goofy tune spinning on his record player.) Dupont's love runs deep, but, alas, Caen only has eyes for Lazar, an over-the-top macho buffoon with a swagger so intense it occasionally morphs the man into a dangling-armed ape. Caen constantly craves the bad boy and only briefly cares deeply for the geek when she's in need of reassurance. Yeah, yeah, we've heard it all before.

    Lazar's and Caen's aggressive, athletic and acrobatic circus lovemaking had its humorous moments -coupled with a cringe moment or two -and the trapeze routines were inventive.That said, Sway is far from polished. At times, it is adolescent. A burping contest? At times, it smacks of too indie-hip for the room with a soupcon of self-indulgence thrown into the mix. But if a trio of kooky personalities want -play out their misguided passions, so what if it's messy and odd? Wednesday's audience seemed to embrace the experience. The standing ovation was loud and long. Sway is circus. Sway is theatre.

    > Sway is at Usine C, 1345 Lalonde Ave., corner Panet St., today and tomorrow at 8 p.m.

     ______________________________________  
    METRO

    Montréal, Quebec < Publié le 23 juillet 2010. Par Mathias MARCHAL

    Sway

    Si vous aimez le malaise et être dérangé, courez voir Sway, de la troupe belge Les Mains Sales. Si vous êtes plutôt amateur de cirque-bonbon, passez votre tour! Sur scène, un trio glauque formé d’un sado-macho, d’une femme-objet et d’un amoureux transi. À l’aide d’un trapèze fixe et d’une rampe de skate-board, ils portent sur scène les vicissitudes du quotidien.

    Une séquence érotico-tragique met particulièrement en valeur leurs talents de comédiens. Bravo aussi pour l’ambiance musicale à la David Lynch. 

    > Jusqu’à demain à l’Usine C

     ______________________________________  
    LE DEVOIR

    Montréal, Quebec < Publié le 17 juillet 2010. Par Isabelle PARÉ

    Montréal complètement cirque - Les Belges des Mains Sales signent Sway

    Les Mains Sales. Ils ne sont pas fréquentables. Ils sont même parfois bêtes et méchants. Faux jetons par moments et minables à d'autres. Ce trio corrosif, c'est celui de Sway, créé par Les Mains sales, une jeune troupe belge dont le cirque grinçant carbure aux relations salement bancales.

    Prenez une rampe de rouli-roulant, un cadre aérien et trois saltimbanques, deux hommes et une femme, qui s'entrechoquent au rythme de rapports chaotiques. Vous avez là tous les ingrédients de Sway, un cirque noir, à fleur de peau, qui dissèque l'éternel rapport de force entre le «sexe fort» et le «sexe faible».  Une histoire vieille comme le monde, quoi.

    Créé en 2008, cette dernière production des Mains sales, qui signifie littéralement «balancé», s'articule autour d'une rampe inventée par la troupe, qui devient l'objet central de montagnes russes relationnelles et, du même coup, le lieu de bien des dérapages. On s'y balance, on s'y fait carrément balancer — parfois sans trop de ménagement —, on y glisse, on y dérape, on s'y projette. Un couple qui s'entredéchire y fait même l'amour. Enfin, presque.

    «Ce sont tous des esprits bêtes et méchants. On est dans cette relation un peu merdique, dans une relation plus ou moins amoureuse où le type est convaincu que la fille en bave pour lui», explique Serge Lazàr, fondateur et metteur en scène des Mains sales, qui a roulé sa bosse comme voltigeur, porteur et fil-de-fériste après avoir été formé à l'École de cirque de Bruxelles.
    Autour d'un macho rustre et prétentieux orbitent une pauvre fille et un troisième larron musicien — un type assez nul lui aussi — qui plie devant le mâle alpha. Lancés, projetés, balancés, les acrobates évoluent autour de cette rampe semi-circulaire, qui devient le point d'ancrage et l'écueil où s'échouent leurs âmes désoeuvrées.

    «L'acrobatique impose le propos et non le contraire. Ici, c'est la technique et le gréement qui ont guidé le déroulement du récit», explique Serge Lazàr.

    Si l'acrobatique a imposé la trajectoire du spectacle, Les Mains sales prennent leurs aises par rapport au cirque, se frottent au théâtre physique et au jeu d'acteur. Reste à voir si le pari sera gagné. Toujours musclé, parfois violent, exécuté sur des rifts de guitare inspirés de films policiers des années 70, Sway se joue en huis clos, presque en dépit des spectateurs. Dans des ambiances glauques et compliquées, les protagonistes confrontent le cirque au jeu d'acteur. «Pour nous, le jeu est un moteur. Nous sommes un peu atypiques, avec des ambiances cinématographiques plus que théâtrales. En fait, c'est un spectacle de théâtre fait par des gens de cirque», soutient Lazàr. Ces circassiens insolites ont d'ailleurs remporté le prix Jeunes talents 2008 du Cirque-théâtre d'Elbeuf, un des lieux de diffusion du cirque en France. Avec leur trio infernal, Colline Caen, voltigeuse, Serge Lazàr, directeur artistique et artiste, et Yannick Dupont, musicien, annoncent 60 minutes de cirque déstabilisant. Coeurs sensibles s'abstenir.